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Les nouveaux serveurs réintègrent le stockage

Actu par  fmillot         Actu le  27/07/2014 à 15:52        Actu dans  Les infrastructures convergées

 

Avec la montée en puissance des machines virtuelles, le stockage est revenu au premier plan des préoccupations des administrateurs de serveurs, en particulier dans les Datacenters.

« Perdre une machine virtuelle » est monnaie courante sur les grands Datacenters et dans ce cas il faut la « remonter le plus vite possible » avec un back up si possible très récent. Si l’on combine cette nécessité avec celle de pouvoir ajouter sans cesse de nouvelles machines et de vrais serveurs, une nouvelle génération de clusters dits « hyper-convergés » commence à connaître un certain succès ; ils sont en train de tuer le réseau de stockage ; les fameux SAN qui de plus en plus apparaissent comme des structures de ralentissement.

Pour l’instant, l’une des firmes le plus réputées dans le domaine du stockage des machines virtuelles hyper-convergées s’appelle Nutanix et joue justement sur le côté simplificateur de l’administration des VM. La firme a reçu début janvier 2014 un fonds de plus de 101 millions de dollars pour asseoir sa position de startup prometteuse. Chez Nutanix, plus besoin de jongler avec les scripts de paramétrage. En 30 minutes clé en main, vous pouvez surfer sur l’interface Prism Management Software (un nom désormais synonyme d’espionnage US qui tout en faisant sourire devrait sûrement être modifié pour ne pas effrayer les clients). Le tableau de bord Prism rédigé en HTML5 dispose d’interface de programmation de type REST, assez courante, ce qui devrait simplifier l’intégration d’application d’administration du cloud.

Christophe Campet, ingénieur avant-vente chez l’intégrateur Claranet rappelait récemment lors d’un visite de son datacenter: « Avec les plateformes virtualisées, le principal goulet d’étranglement réside dans le stockage. Si on agrège un nombre important de plateformes virtualisées sur un SAN, on va rapidement être confronté à des problèmes de performances. Sans parler des effets de seuil en termes d’investissement quand on doit ajouter une baie. Avec les serveurs de type Nutanix, la première marche est plus facile à franchir. »

Compacité et administration simplifiée

L’idée pour Nutanix est bien sûr de vendre des palettes de boîtiers compacts NX1000, 3000 et 6000 aux hébergeurs qui n’auront plus à se soucier de visser les disques et les cartes dans les racks. Là, d’un seul coup, à raison de trois ou quatre blocs serveurs par boîtier, on dispose d’un ensemble cohérent de serveurs Intel multiprocesseurs Sandy ou Ivy bridge, aptes à accueillir de 5 à 100 VM par bloc. La compacité des serveurs n’est pas un handicap pour la gestion des disques SSD et HD qui s’insèrent à raison de 4 à 5 disques de 1 à 4 To par bloc, les SSD étant de 128 ou 256 Go. L’intérêt de ces boîtiers, outre leur compacité et leur administration simplifiée, est d’offrir une consommation électrique réduite.

Déjà utilisés par l'hébergeur Claranet, ces racks préfigurent les prochaines générations de serveurs toujours plus compacts. Pour les différencier de l'existant, les spécialistes VMware parlent d’architecture hyper convergée par opposition aux infrastructures convergées traditionnelles de type Vblock (VCE), FlexPod (Cisco-Netapp), PureFlex (IBM), vStart (Dell) ou BladeMatrix (HP)…

Très récemment, Microsoft a montré les fonctions de ce type, qu’on appelle Scale-out, sur des serveurs Nutanix dans son centre de démonstrations d’Issy les Moulineaux. Lors des Techdays qui se déroulent début février au Palais des Congrès, Porte Maillot à Paris, la firme y montre les avantages des récentes évolutions de Windows 2012 R2 qui simplifient la gestion des backups.

Simplicité et performances

Mais Nutanix n’est pas seul. Son principal concurrent s’appelle Scale Computing qui, s’il continue à la vitesse actuelle, devrait devenir l’un des principaux acteurs du cluster. A moins qu’il ne soit dévoré par l’un des cinq grands fournisseurs de serveurs (HP, IBM, Dell, Oracle ou Lenovo). Nouveau venu en France, Scale Computing est propulsé par le distributeur lyonnais Hermitage Solutions qui a bien compris l’intérêt des serveurs dits “convergés”. Sur le fond, de l’avis même de son service marketing, les machines de Scale Computing reprennent les mêmes idées que celles de Nutanix mais en HC3 exploitant en interne l’hyperviseur KVM, gratuit. Le système HC3 mutualise les puissances de calcul (CPU, mémoire) et démarre automatiquement les machines virtuelles sur le serveur possédant le plus de ressources disponibles. Cette architecture en cluster permet ainsi de bénéficier avec simplicité d’une solution de virtualisation fournissant haute disponibilité et tolérance aux pannes. Cela évite de payer la licence vSphere de VMware pour le stockage et les serveurs eux-mêmes, sachant que les VM tournent indifféremment sur les différentes instances virtualisées. L’argument de Scale Computing est donc aussi de simplifier l’administration des VM et de proposer une offre prête à l'emploi. Au lieu de passer par les protocoles iSCSI ou NFS comme ses concurrents et de recréer des Appliances virtuelles, finalement comme de nouveaux SAN, la solution des deux concurrents Nutanix ou Simplivity donne un accès direct au stockage.

Selon nos informations, le logiciel de Scale Computing pilote ainsi directement des pools de disques SAS ou SATA selon le mode Raid 10. Basés sur de la ram et des disques classiques, les serveurs très compacts de Scale démarrent à moins de 23 000 dollars alors que les serveurs concurrents qui exploitent des cartes SSD sur le bus principal comme les Fusion-IO coûtent de deux à trois fois plus cher. L’équipe de Scale Computing vise les PME, un créneau mal ciblé par les grands du stockage qui visent surtout les entreprises du CAC 40 ou les gros hébergeurs.

HC3 de Scale Computing a mis en évidence la nécessité de ses produits en expliquant le choix de l’une des filiales de Safran, Safran Power (anciennement Goodrich Electric Power Systems), qui avait depuis des années des soucis avec ses sauvegardes sur bandes au fur et à mesure de la croissance de l’activité et de la taille des fichiers (lire encadré).

Une tendance qui va se généraliser

Sans aller tout à fait vers ce type d’intégration maximale optimisée pour les disques, Lenovo à l'instar de Dell et de ses vStart fait aussi depuis le VMworld d’Octobre 2013, la promotion de serveurs conçus dans l’optique de la virtualisation. HP qui fait la promotion d’un système entièrement virtualisé avec des disques SSD prépare des clusters assez comparables.

Chez Lenovo, les deux nouveaux serveurs rack s’appelle le ThinkServer RD540 et le ThinkServer RD640, équipés des récents Xeon E5. Ils sont comme leurs concurrents destinés à répondre aux besoins de la virtualisation, du Cloud et des calculs intensifs. Ils sont équipés en standard de disques RAID pour la protection des données, de fonctionnalités de gestion web à distance et d’une suite d’outils d’administration. La virtualisation du stockage, toujours mieux maîtrisée par les fabricants de serveurs, est un moteur du changement dans les Datacenters.

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