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Transformation numérique : les entreprises françaises décrochent

Actu par  fmillot         Actu le  26/09/2014 à 13:03        Actu dans  Les infrastructures convergées

 

Rigidités organisationnelles, déficit de compétences, capacités d’investissement restreintes, manque d’implication des dirigeants… Une étude de McKinsey pointe les difficultés des entreprises françaises à accélérer leur mutation numérique.

C’est une somme. En 140 pages, McKinsey a cartographié la mutation numérique des entreprises françaises menant l’enquête auprès d’un échantillon de 500 sociétés, dont 325 PME. Quatre ans après une étude controversée sur l’impact de l’internet sur l’économie française où le cabinet américain laissait entrevoir avec le numérique un immense potentiel de richesses et d’emplois pour notre pays, le constat est cette fois moins optimiste.
 
Le poids du numérique à l’échelle macroéconomique reste certes substantiel. Il représente 5,5 % du PIB français, soit davantage que le secteur des services financiers (4,8 %), et rattrape celui de la construction (6,3 %). Les emplois directs du numérique constituent 3,3 % du total de l’emploi salarié en France, soit une fois et demi de plus que l’agroalimentaire. Enfin, en maintenant les prix à la baisse (services gratuits, échanges de biens...), le numérique fait gagner en pouvoir d’achat à raison de 20 euros par internaute et par mois.
Pourtant, en termes de contribution du numérique au PIB total, la France ne se situe qu’au milieu du peloton des 13 plus grands pays développés constitué des membres du G8 et d’économies émergentes ou pionnières du numérique (Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde et Suède). « Elle se classe en 2013 en 8ème position au sein de cet échantillon, soit un rang équivalent à celui qu’elle occupait en 2010 », note l’étude.
 
Mutation numerique
Par ailleurs, un décalage s’est créé entre l’adoption du numérique par les particuliers et son basculement dans le monde professionnel. Alors qu’en France les usages numériques sont largement répandus chez les consommateurs, ils tardent à franchir dans les entreprises. Notre pays se classe au 4ème rang de cet échantillon de 13 pays au regard de la consommation privée, mais seulement au 9ème rang en matière d’investissement privé.
McKinsey avance quatre raisons principales : des difficultés organisationnelles (rigidités structurelles, organisation en silos), un déficit de talents numériques, des marges financières plus serrées que dans d’autres pays restreignant les capacités d’investissement, ainsi qu’un manque d’implication des dirigeants.

Un potentiel de 100 milliards d’euros par an à horizon 2020

Pourtant, le potentiel en jeu est considérable. Selon McKinsey, la France pourrait, d’ici 2020, accroître la part du numérique dans son PIB de 100 milliards d’euros par an, à la condition que les entreprises accélèrent nettement leur transformation numérique. « Plus largement, l’impact potentiel des technologies numériques disruptives (cloud, impression 3D, internet des objets, big data…) s’élève à près de 1 000 milliards d’euros en France d’ici à 2025, en prenant en compte la création de valeur ajoutée et le surplus de valeur dont bénéficient les consommateurs. »
Pour libérer les énergies, le cabinet appelle à la mobilisation de tous les acteurs. L’Etat pourrait, entre autres, utiliser la commande publique et les concours nationaux pour stimuler l’innovation digitale, mettre en place un enseignement destiné à familiariser les collégiens et lycéens avec la programmation informatique, s'assurer du développement du très haut débit fixe et mobile, encourager fiscalement les investissements dans le numérique…..
Les grandes écoles et universités peuvent aussi jouer un rôle fondamental pour former les talents numériques de demain,et notamment les très recherchés data scientists. Les grandes entreprises doivent, elles, avoir un effet d’entraînement « en incitant les PME dont elles sont partenaires à se transformer, et donner l’exemple par leur propre transformation numérique. » « Leurs capacités financières les prédisposent à assumer un rôle de capital-risqueur en faveur de l’écosystème numérique, sur le modèle des fonds OP Ventures lancés par France Télécom Orange et Publicis. »
Enfin, au sein de la société civile, les organisations patronales et salariales pourraient relayer la diffusion des connaissances numériques en déployant « des coaches et mentors du numérique auprès des entreprises sur tout le territoire hexagonal. »

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